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      <titleStmt>
        <title>Relation de ce qui s'est passé en la Nouvelle-France en l'année 1634, envoyée au R. Père provincial</title>
        <title type="sub">Page 63 : en regard du feuillet 22</title>
        <author>Paul Le Jeune, s.j.</author>
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          <resp>Transcription et balisage</resp>
          <name>Établi par la responsable du cours</name>
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          <resp>Direction de l'édition</resp>
          <name>Claire-Marie Brisson</name>
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        <publisher>SILLAGE, projet de recherche indépendant dirigé par Claire-Marie Brisson</publisher>
        <date when="2026-09-01"/>
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          <p>Transcription diffusée pour la recherche et l'enseignement. Domaine public. Numérisation Gallica / BnF.</p>
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          <title>Relation de ce qui s'est passé en la Nouvelle-France en l'année 1634, envoyée au R. Père provincial</title>
          <author>Paul Le Jeune, s.j.</author>
          <pubPlace>Paris, Sébastien Cramoisy</pubPlace>
          <date when="1635">1635</date>
        </bibl>
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          <msIdentifier>
            <repository>Bibliothèque nationale de France</repository>
            <idno></idno>
          </msIdentifier>
          <physDesc><p>imprimé</p></physDesc>
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        <p>Transcription diplomatique. Le s long est conservé, u et v ainsi que i et j ne sont pas régularisés, les abréviations sont développées dans un élément choice.</p>
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      <langUsage><language ident="und">français</language></langUsage>
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      <div type="feuillet" n="p63">
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        <ab>immortelles,&amp; que si elles estoient <choice><abbr>bõnes</abbr><expan>bonnes</expan></choice>, elles s'en alloient au ciel, que si elles estoient meschantes, elles descendoient dans les enfers pour y estre brûlées à iamais, &amp; que chacun receuroit selon ses œuures. En cela, dit-il, vous mentez vous autres, d'assigner diuers endroicts pour les ames, elles vont en vn mesme pays, du moins les nostres car deux ames de nos <choice><abbr>cõpatriotes</abbr><expan>compatriotes</expan></choice> sont reuenuës autresfois de ce grand village, &amp; <choice><abbr>noꝯ</abbr><expan>nous</expan></choice> ont appris tout ce que ie t'ay dit, puis elles s'en retournerent en leur demeure : ils appellent la voye lactée, <foreign xml:lang="und">Tchipai</foreign> <foreign xml:lang="und">meskenau</foreign>, le chemin des ames, pource qu'ils pensent que les ames se guindent par cette voye pour aller en ce grand village.
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<lb/>Ils ont en outre vne grande <choice><abbr>croyãce</abbr><expan>croyance</expan></choice> à leurs songes, s'imaginans que ce qu'ils ont veu en dormant doit arriuer, &amp; qu'ils doiuent executer ce qu'ils ont resué : ce qui est vn grand malheur, car si vn Sauuage songe qu'il mourra s'il ne me tuë, il me mettra à mort à la premiere rencontre à l'escart. Nos Sauuages me <choice><abbr>demandoiét</abbr><expan>demandoient</expan></choice> quasi tous les matins, n'as-tu point veu de Castors, ou d'O-</ab>
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      <div type="apparat">
        <note type="editorial">
          <p>Page 63 de l'édition Cramoisy, en regard du feuillet 22 du manuscrit. C'est le seul endroit du corpus où les deux états d'un même passage sont ouverts côte à côte, et il faut s'en servir.</p>
          <p>Quatre divergences valent d'être versées à l'apparat, de la plus discrète à la plus lourde.</p>
          <p>D'abord la typographie. Le manuscrit écrit « Tchipai meskenau » de la même plume que le reste de la phrase. L'imprimé le compose en italique. L'italique est la casse que l'atelier parisien réserve aux mots étrangers et aux citations : en passant sous presse, l'innu-aimun est reclassé comme langue étrangère à l'intérieur d'une phrase française. Aucun mot n'a changé et le statut du mot a changé.</p>
          <p>Ensuite le lexique. Le manuscrit porte « sont retournés », suivi d'un mot biffé ; l'imprimé donne « sont reuenuës ». Le manuscrit porte « nous ont appris tant de ce que ie t'ay dit » ; l'imprimé donne « tout ce que ie t'ay dit ». La seconde correction n'est pas une correction de style : « tant de ce » restreint, « tout ce » généralise, et la parole rapportée de l'Innu en sort plus assurée qu'elle ne l'était.</p>
          <p>Enfin la ponctuation du discours. Le manuscrit écrit « en cela dit il vous mentés » d'un seul trait. L'imprimé pose les virgules et les tirets : « En cela, dit-il, vous mentez vous autres ». Le manuscrit laisse les deux voix se toucher, et c'est au lecteur de savoir qui parle ; l'imprimé les sépare et en décide à sa place.</p>
          <p>Une cinquième divergence attend à la page suivante, et c'est la plus grosse : la chanson en trois mots que le manuscrit note « Kaie nir Khigatoatoarint » est imprimée « Kaie, nir, khigatoutaouim ». Le mot innu lui-même a changé sous presse.</p>
          <p>Conventions retenues : les nasales à tilde sont balisées et développées ; le « ꝯ » de « noꝯ » est l'abréviation par us, développée en « nous » ; le s long n'est pas noté séparément en romain imprimé ; la page s'arrête sur une coupure de mot, « d'O- », conservée telle quelle.</p>
        </note>
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