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        <title>Relation de ce qui s'est passé en la Nouvelle France sur le grand fleuve de Sainct-Laurens, en l'année 1634</title>
        <title type="sub">Feuillet 22</title>
        <author>Paul Le Jeune, s.j.</author>
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          <resp>Transcription et balisage</resp>
          <name>Établi par la responsable du cours</name>
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          <resp>Direction de l'édition</resp>
          <name>Claire-Marie Brisson</name>
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        <publisher>SILLAGE, projet de recherche indépendant dirigé par Claire-Marie Brisson</publisher>
        <date when="2026-09-01"/>
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          <p>Transcription diffusée pour la recherche et l'enseignement. Domaine public. Numérisation Gallica / BnF.</p>
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          <title>Relation de ce qui s'est passé en la Nouvelle France sur le grand fleuve de Sainct-Laurens, en l'année 1634</title>
          <author>Paul Le Jeune, s.j.</author>
          <pubPlace>Québec, puis Paris</pubPlace>
          <date when="1634">1634</date>
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          <msIdentifier>
            <repository>Bibliothèque nationale de France</repository>
            <idno>Manuscrits français</idno>
          </msIdentifier>
          <physDesc><p>manuscrit</p></physDesc>
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        <p>Transcription diplomatique. Le s long est conservé, u et v ainsi que i et j ne sont pas régularisés, les abréviations sont développées dans un élément choice.</p>
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      <langUsage><language ident="und">français</language></langUsage>
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        <ab>d'vn Castor ou d'vn autre animal cest ame meurt elle tout a faict, oubien a t'elle vne autre ame qui s'en aille en quelque autre Village, Mon <persName>Sorcier</persName> demeura court a cette demande et comme il a de l'esprit voyant quil s'alloit enferrer, s'il me respondoit directement il esquiva le Coup, Car s'il m'eust dit que l'ame mouroit entierement ie luy aurois dit que quand on tuoit <choice><abbr>premieremᵗ</abbr><expan>premierement</expan></choice> l'animal son ame mouroit a mesme temps, s'il m'eust dit que cette ame auoit vne ame qui s'en alloit en vn autre Village ie luy eusse faict voir que chaque animal auroit selon sa doctrine plus de vingt voire plus de Cent ames et que le Monde deuoit estre remply de ces Villages ou elles se retirent et que cependant on en void aucune Cognoissance donc quil s'alloit engager. Il me dit tais toy tu n'as point d'esprit tu demande des choses que tu ne sçais pas toy mesme, si j'auois esté en ce pays la ie te respondrois.
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<lb/>Enfin ie luy dis que les Europeans <unclear cert="low">nauigeoint</unclear> par tout le monde, ie leurs declarai et <unclear cert="low">leure</unclear> fis voir par vne figure ronde quel estoit le pays ou le Soleil se couche a leur regard, l'assurant qu'on auoit point trouué ce grand Village que tout cela n'estoit que resveries que les Ames des hommes estoient <choice><abbr>seulemᵗ</abbr><expan>seulement</expan></choice> Immortelles, et que si elles estoient bonnes, elles s'en alloient au Ciel, que si elles estoient meschantes elles descendoient dans les Enfers pour y estre bruslées a jamais et que chacun receuroit selon ses Oeuures, en cela dit il vous mentés, vous autres d'assigner divers endroits, pour les Ames, elles vont en vn mesme pays du moins les nostres, Car deux ames de nos Compatriotes sont retournés <del rend="strikethrough">de</del> autrefois de ce grand Village et nous ont appris tant de ce que ie t'ay dit puis elles s'en retournerent en leur demeure. Ilz appellent la voye lactée <foreign xml:lang="und">Tchipai</foreign></ab>
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        <note type="editorial">
          <p>Feuillet coté 38 par la main du manuscrit, 21 par une seconde main au crayon. La page s'arrête au milieu de l'expression : « Tchipai » est le dernier mot du recto, et « meskenau » ouvre la page suivante. C'est une coupure matérielle, pas une coupure de sens, et elle se signale plutôt qu'elle ne se répare en silence.</p>
          <p>La page porte l'échange le plus dur des six mois d'hivernement. Le Jeune construit un piège logique à deux branches : si l'âme de l'animal meurt, alors ; si elle a elle-même une âme, alors. Son interlocuteur voit venir la manœuvre et refuse les deux branches, ce que Le Jeune enregistre avec une franchise qui l'honore : « voyant quil s'alloit enferrer, s'il me respondoit directement il esquiva le Coup ». Puis vient la réplique, notée au style direct et sans guillemets : « tais toy tu n'as point d'esprit tu demande des choses que tu ne sçais pas toy mesme ». C'est un des rares endroits du corpus où un Innu a le dernier mot à l'intérieur de la phrase d'un jésuite.</p>
          <p>Observer que Le Jeune ne le nomme jamais. Il écrit « Mon Sorcier », avec la majuscule et le possessif. Le nom de l'homme n'apparaît nulle part sur cette page, alors que Le Jeune note ailleurs, à l'oreille et avec soin, des noms innus de quatre et cinq syllabes. La balise « personne » est donc posée ici sur une désignation et non sur un nom : c'est le cas que la consigne appelle « désignation indirecte ».</p>
          <p>Deux lectures ne sont pas garanties et sont balisées comme telles : « nauigeoint », dont la finale est écrasée, et « leure », qui peut se lire « leurs ». Un mot biffé et encore lisible suit « retournés » ; il est balisé comme biffure.</p>
          <p>Ce feuillet est la moitié manuscrite de la collation. Sa moitié imprimée est la page 63 de l'édition Cramoisy de 1635, dans la notice voisine.</p>
          <p>Conventions retenues : transcription diplomatique ; u et v, i et j ne sont pas régularisés ; les abréviations par lettre suscrite sont balisées et développées dans l'apparat ; la ponctuation du copiste, très légère, n'est pas complétée.</p>
        </note>
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