Méthode
Ce que fait ce site, et comment
Le propos
SILLAGE est né d'une difficulté d'enseignement. Les étudiants travaillent sur des documents coloniaux qu'ils lisent, en pratique, dans des éditions modernisées : le texte y est propre, ponctué, régularisé, et l'essentiel du travail éditorial a disparu. Or c'est justement dans ce travail que se loge ce qu'un cours sur l'Amérique française veut montrer.
Le site remet donc les étudiants devant le fac-similé. Il pose ensuite une hypothèse de lecture, qui est celle de ma recherche : un acte d'écriture colonial ne s'arrête pas avec la période coloniale. Nommer un fleuve, consigner une langue, décrire une côte : ces opérations continuent d'avoir des effets, et on peut les suivre dans des documents datés.
D'où la forme en quatre dossiers. Chacun s'ouvre sur une source-souche du 16e ou du 17e siècle, puis descend siècle après siècle jusqu'au présent. La structure du site porte donc l'argument : si la continuité n'existait pas, la page se lirait comme une suite de documents sans rapport.
Conventions d'édition
La transcription est diplomatique : elle rend ce qui est sur la page, non ce que le texte devrait être.
Le s long
Conservé en transcription (ſ). Le développement se fait à la lecture, pas à la saisie.
u et v, i et j
Non régularisés. « vne », « nauigation », « iour » restent tels quels.
Abréviations
Conservées dans le texte et développées dans un élément choice : la forme abrégée reste consultable.
Nasales à tilde
Traitées comme des abréviations : « lãgage » développé en « langage ».
Ponctuation
Celle du document. Aucune virgule n'est ajoutée pour le confort du lecteur.
Coupures de ligne
Marquées par un retour à la ligne, rendu par lb dans le TEI.
Lecture incertaine
Balisée comme telle plutôt que silencieusement tranchée.
Le modèle de balisage
Les étudiants n'écrivent pas de XML. Ils posent neuf balises courtes en ligne dans le texte, ce qui garde la transcription lisible et modifiable. La conversion vers TEI P5 se fait à l'export. Le choix est pédagogique : baliser doit rester un acte de lecture, au même titre que souligner un mot au crayon.
| Balise | Saisie | TEI produit |
|---|---|---|
| ■ Personne | [[pers:…]] | <persName> |
| ■ Lieu | [[lieu:…]] | <placeName> |
| ■ Nation | [[peuple:…]] | <orgName> |
| ■ Mot en langue | [[langue:…]] | <foreign> |
| ■ Lecture incertaine | [[inc:…]] | <unclear> |
| ■ Abréviation | [[abr:…|…]] | <choice> |
| ■ Ajout | [[add:…]] | <add> |
| ■ Biffé | [[sup:…]] | <del> |
| ■ Date | [[date:…]] | <date> |
Note technique
Aucun fac-similé n'est hébergé ici. Les images sont appelées tuile par tuile chez les institutions de dépôt par l'API IIIF Image, au moment où l'étudiant zoome. Le site ne conserve donc aucune copie, ce qui règle du même coup la question des droits et celle du stockage.
Gallica sert du IIIF Presentation 2, Internet Archive du 3, la Library of Congress et la State Historical Society of Missouri exposent un service d'image sans manifeste, la Clements Library sert des manifestes en Presentation 2 que ses propres pages, gardées par une vérification anti-robots, ne laissent pas chercher, la John Carter Brown Library des manifestes sans notice, qu'il faut compléter par son API de recherche, Harvard Library des manifestes en Presentation 3 dont les notices se lisent dans l'API LibraryCloud, son portail CURIOSity étant gardé lui aussi, Bibliothèque et Archives nationales du Québec des images sans manifeste, dont même les descripteurs sont derrière une vérification anti-robots, si bien que le site tient leurs dimensions à la main, et des enregistrements sonores en flux HLS sans en-tête CORS, que seul le lecteur intégré du navigateur peut jouer, la Detroit Public Library des manifestes en Presentation 2 que son pare-feu refuse aux serveurs, ce qui oblige à la même tenue à la main, la University of Virginia Library des manifestes en Presentation 2 dont le serveur reconstruit à la demande ceux qui sont sortis de son cache, et presque tous refusent les requêtes dépourvues d'en-tête de navigateur. Une passerelle côté serveur normalise ces formes en une seule et met les descripteurs en cache pour vingt-quatre heures. Elle corrige au passage l'identité que CONTENTdm déclare, qui renvoie ailleurs que là où on l'a interrogé.
La carte est calculée plutôt que dessinée : projection conique conforme sur un tracé de côtes simplifié, les points venant du balisage des étudiants rapproché d'un répertoire de 145 lieux qui tient compte des graphies anciennes. Les formes que le répertoire ne reconnaît pas restent affichées, sous la mention « à localiser ».
Sous les noms français du corpus, la carte peut poser une seconde couche : les territoires, les langues et les traités autochtones documentés par Native Land Digital. Elle ne charge pas leur base, elle leur pose une question par position, pour les seuls lieux que la carte affiche déjà, et une sonde permet d'interroger de la même façon n'importe quel point cliqué, y compris là où le corpus ne nomme rien. Chaque nom renvoie à sa notice chez eux, qui est la référence à citer.
Il n'y a ni compte, ni mot de passe, ni mesure d'audience. Une identité se réduit à un nom d'affichage et à une salle. La salle d'essai est publique, pour qu'un visiteur puisse éprouver l'outil sans rien demander à personne.
Le site s'affiche en français ou en anglais. Ce qui relève du document ne se traduit jamais : les transcriptions, les amorces, les citations, les titres d'ouvrage et les noms de lieux restent dans leur langue dans les deux modes. Les amorces de langue du parcours de recherche restent également en français, puisque ce sont des tournures à recopier dans un devoir rédigé en français.
Construit avec Next.js 16 et React 19, en composants serveur avec actions de serveur, OpenSeadragon pour le zoom profond, d3-geo pour la projection, Postgres pour les transcriptions. Le code est écrit en français, du nom des variables aux commentaires, parce qu'il fait partie du matériel de cours.
Limites assumées
- Le relevé de rémanences repère des candidats, il ne démontre pas de filiation. Deux textes français séparés de trois siècles partagent nécessairement du vocabulaire.
- Le répertoire de lieux est fermé et manuel. Il couvre le corpus retenu, pas la toponymie de l'Amérique française.
- Les transcriptions sont l'œuvre d'étudiants de niveau C1, non d'éditeurs formés. Elles sont datées, signées, et versées à l'état où elles sont.
- Les documents du 21e siècle sont sous droits : le site renvoie aux éditeurs et ne reproduit rien.
- La couche autochtone est inachevée, et elle le dit. Native Land Digital se construit région par région avec des gardiens du savoir : là où la sonde ne rapporte rien, il faut lire une lacune de la documentation, non une absence sur le terrain.
Citer SILLAGE
Ce site est une édition en cours, et une édition se cite. Trois cas se présentent : citer le site dans son ensemble, citer une transcription faite par quelqu'un, citer le fac-similé lui-même. Les trois ne se citent pas de la même façon, et le troisième ne se cite jamais d'ici.
Le site dans son ensemble
Brisson, Claire-Marie, dir. SILLAGE : humanités numériques et cartographies morales de l'Amérique francophone. 2026, www.lesillage.app. Consulté le 1 nov. 2026.
Une transcription
Une transcription de ce site peut être reprise et corrigée après que vous l'avez lue. C'est le propre d'une édition collaborative, et ce n'est pas un défaut. Portez donc toujours la date à laquelle vous avez consulté l'état que vous citez, et, si la citation porte l'argument, exportez le TEI du feuillet et gardez-le : il fixe l'état sur lequel vous avez travaillé.
Le fac-similé
Jamais depuis SILLAGE. Le site n'héberge aucune image : il les appelle chez Gallica, Internet Archive, la Library of Congress, la State Historical Society of Missouri, la Clements Library, la John Carter Brown Library, Harvard Library, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, la Detroit Public Library, la University of Virginia Library, la Newberry Library, les Illinois Digital Archives et l'University of Wisconsin-Milwaukee au moment où vous zoomez, les journaux de l'hémérothèque chez la Franco-American Collection de l'University of Southern Maine et chez BAnQ, et les photographies de la photothèque chez la Franco-American Collection et chez BAnQ. L'image que vous avez sous les yeux appartient à son dépôt, et c'est le dépôt qu'il faut citer, avec sa cote et son adresse pérenne. Le bouton « le fac-similé » de chaque feuillet mène directement à la notice du dépôt.
Conditions de reprise
Les notices, l'apparat, le répertoire de lieux et le code du site sont mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution 4.0 : reprenez-les, y compris pour un cours ou une publication, en citant. Les transcriptions faites par les étudiants restent les leurs et sont diffusées pour l'enseignement. Les fac-similés ne relèvent ni de l'une ni de l'autre : ils appartiennent aux dépôts, dont chacun pose ses propres conditions. CC BY 4.0 ↗
Crédits et remerciements
Conception, corpus, appareil critique et développement : Claire-Marie Brisson, Ph.D. SILLAGE est un projet de recherche indépendant, qui n'est rattaché à aucun département ni à aucune institution.
Les fac-similés proviennent de la Bibliothèque nationale de France (Gallica), d'Internet Archive avec le Canadian Institute for Historical Microreproductions, de la Library of Congress (Chronicling America), de la State Historical Society of Missouri, de la William L. Clements Library de l'université du Michigan et de la John Carter Brown Library de l'université Brown, dont viennent les cartes et les atlas de la cartothèque, et de Harvard Library (Houghton Library et Harvard Map Collection), dont les collections France in the Americas et Worlds of Change donnent au corpus un dictionnaire abénaquis, un accord entre Abénaquis et Acadiens, une pétition des Massachusett de Natick et deux cartes manuscrites de 1663, et de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, dont viennent la lettre de Madeleine de Verchères de 1699, les deux pièces signées de Marie de l'Incarnation en 1645, le manifeste de Wolfe de 1759, les neuf titres franco-américains de l'hémérothèque, de L'Union d'Ogdensburg (1860) au National de Lowell, et les photographies de Kahnawà:ke, de Wendake et de Nitassinan de la photothèque, ainsi que les trente disques et cylindres de la phonothèque, de 1899 à La Bolduc, et de la Burton Historical Collection de la Detroit Public Library, dont viennent deux actes signés de Cadillac, en 1694 et 1695, et le journal du siège du Détroit de 1763, et de l'Albert and Shirley Small Special Collections Library de l'université de Virginie, dont viennent la petite carte de Champlain de 1613, la Nouvelle-Angleterre de John Smith, la carte d'Hennepin de 1683, l'avis au lecteur des Dialogues de Lahontan et soixante-dix-huit cartes de la cartothèque. Le pays des Illinois et le Wisconsin doivent leur place à la Geography and Map Division de la Library of Congress, pour la copie de la carte de Franquelin de 1688 et la carte manuscrite de Marquette, à la Newberry Library de Chicago, par CARLI Digital Collections, pour le contrat de Tonty de 1684 et les lettres de Beaubien écrites de Chicago en 1823, aux Archives nationales d'outre-mer, par Gallica, pour la carte de la rivière aux Renards de Chaussegros de Léry (1730), à l'Illinois State Archives, par les Illinois Digital Archives, pour les plans d'arpentage de Peoria, à l'American Geographical Society Library de l'University of Wisconsin-Milwaukee, pour les plans de Green Bay et de Prairie du Chien, et aux University of Wisconsin Digital Collections, qui publient les enregistrements faits par Helene Stratman-Thomas de 1940 à 1946. Que ces institutions soient remerciées pour la mise à disposition de leurs manifestes et de leurs images IIIF : c'est cette ouverture qui rend ce type d'atelier possible dans une salle de classe. Les autres journaux de l'hémérothèque et les autres photographies de la photothèque viennent de la Franco-American Collection de l'University of Southern Maine, qui publie en accès libre Le Messager de Lewiston et les papiers de familles franco-américaines du Maine, et laisse moissonner son catalogue par OAI-PMH.
Les territoires, les langues et les traités autochtones de la cartographie proviennent de Native Land Digital (native-land.ca), et sont repris ici avec leur clé d'API et sous leur Data Sovereignty Treaty. Ces tracés ne représentent pas et ne cherchent pas à représenter des frontières officielles ou légales d'une nation autochtone : ce sont des repères construits avec des gardiens du savoir, et la carte les affiche avec cet avertissement. Que ce travail soit remercié : il donne à un cours de langue le moyen de montrer que nommer un lieu, c'est en recouvrir un autre nom.
Ce qui est sous licence, ce qui appartient aux dépôts, ce qui reste aux étudiants →