SILLAGE

CARTOTHÈQUE

Cartes et atlas de huit dépôts, de la Clements Library à la Library of Congress, et les plans d'arpentage du pays des Illinois et de La Baie

Deux bibliothèques américaines conservent, à elles deux, une grande part de la cartographie de l'Amérique coloniale. La Clements Library de l'université du Michigan est forte en relevés manuscrits, en particulier ceux que l'armée britannique fit des postes français après 1760. La John Carter Brown Library de l'université Brown l'est en cartes imprimées, dont celles qui accompagnaient les livres : Lescarbot, Champlain, Hennepin, Lahontan, Le Page du Pratz. Harvard Library, par son portail CURIOSity, en apporte moins, dont deux dessins manuscrits du fleuve et de Québec que le gouverneur Davaugour légenda de sa main en 1663. Les collections spéciales de l'université de Virginie tiennent leurs cartes de deux fonds, la McGregor Library et la collection léguée par Seymour Schwartz en 2020 : la carte de Champlain de 1613, le Forlani de 1566 qui nomme en italien la « Noua Franza » de Cartier, la Nouvelle-Angleterre de John Smith aux noms donnés par le prince Charles, et trois tirages de la Louisiane de Delisle (1718, 1730, 1742). Bibliothèque et Archives nationales du Québec apporte ce que les quatre autres n'ont pas : La terra de Hochelaga de Ramusio (1556), la Quarte partie du monde de Thevet (1575), les petites planches de Champlain de 1613, du Sault Saint-Louis à la rivière que ses Voyages écrivent « Qui ni be quy », le Saguenay que Bellin dit « appelée par les Sauvages Pitchitaouichetz » (1744), et le relevé seigneurial de Catalogne (1709) dans une copie de 1921. Trois dépôts couvrent le pays des Illinois et La Baie. La Geography and Map Division de la Library of Congress sert la carte manuscrite de Marquette (1673-1674), celle de Bernou pour La Salle (1681) et une copie de la grande carte de Franquelin (1688), où se lisent le lac Pimiteoui et le fort de Chécagou. Les Illinois Digital Archives publient les plans de l'arpentage fédéral, dont celui de Peoria, où les deux villages français sont teintés de rouge. L'American Geographical Society Library de l'University of Wisconsin-Milwaukee conserve les plans des terres réclamées à Green Bay et à Prairie du Chien en 1820-1821, lot par lot, avec le nom de chaque famille. Tous servent leurs images en IIIF, en très haute définition, et chaque carte s'ouvre ici dans la même visionneuse que l'atelier.

La règle de sélection : une carte entre si elle porte sur l'une des quatre rivières ou sur la Nouvelle-France entière, et si elle est en français ou nomme, dans une autre langue, un lieu que le français avait nommé d'abord. La seconde moitié de la règle fait entrer les relevés britanniques d'après 1760, qui écrivent en anglais « Parish of Boucherville » ou « Fort Cavendish » là où il y avait Fort de Chartres.

Les notices viennent des catalogues des huit dépôts et restent dans leur langue, l'anglais, ou le français pour BAnQ. Elles sont moissonnées, non recopiées : les scripts qui les lisent sont dans le dépôt du site. BAnQ fait exception : son catalogue est gardé par une vérification anti-robots, et ses notices ont été relevées à la main, une à une, le 1er octobre 2026. Le catalogue de la John Carter Brown Library ne donne pas la langue d'une carte ; pour elle, le filtre « en français » lit le titre.

Trois atlas

Un atlas se lit comme un ensemble, parce qu'il fixe un pays entier à une date donnée. Les trois retenus datent des années 1761 à 1764, celles de la Conquête et du traité de Paris.

  • Murray Atlas of Canada

    ingénieurs de l'armée britannique, sous James Murray, ca. 1761

    Au lendemain de la Conquête, le gouverneur Murray fait relever la vallée du Saint-Laurent paroisse par paroisse : bâtiments, fermes et chemins, avec pour chaque paroisse un historique, le nombre de familles et celui des hommes en état de porter les armes. L'atlas est manuscrit et rédigé en anglais, alors que presque tous les noms qu'il inscrit sont français (« Parish of Boucherville », « Parish of St. Anne », « Isle du Pas »).

    80 planches, toutes les planches numérisées

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  • Le petit atlas maritime

    Jacques Nicolas Bellin, 1764

    Bellin, ingénieur hydrographe de la Marine, publie ces planches en 1764, un an après le traité de Paris qui cède le Canada à la Grande-Bretagne. La rivière du Détroit y est dessinée d'après les levés faits par Chaussegros de Léry en 1749, avec en cartouche le plan du fort et sa table des renvois. Les deux planches de la Nouvelle-York, que la Clements a aussi numérisées, sont gardées pour que l'atlas se lise en entier.

    5 planches, toutes les planches numérisées

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  • A set of plans and forts in America

    Mary Ann Rocque, 1763

    Recueil londonien de plans de forts, publié l'année du traité. On n'en retient ici que la page de titre et les planches de postes que la France avait bâtis : Québec, Montréal, Frontenac, Niagara, Louisbourg, Carillon (que la planche appelle « Tienderoga ») et Duquesne, dessiné sous son nouveau nom de Pittsburgh. Les autres planches montrent des forts britanniques de la Nouvelle-York, de la Pennsylvanie et de la Nouvelle-Écosse.

    8 planches sur 30 numérisées

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Les cartes

Par ordre chronologique. Les cartes marquées « à transcrire » sont aussi des feuillets de l'atelier.

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