SILLAGE

PHOTOTHÈQUE

Le Petit Canada de Lewiston, et les nations du Saint-Laurent

La photothèque réunit 108 photographies venues de deux dépôts, chacune montrée avec la notice de son catalogue. La première partie montre Lewiston et Auburn, les villes-filatures du Maine où s'imprimait Le Messager. La seconde montre les nations du Saint-Laurent que nomment les dossiers du site : Kahnawà:ke, Wendake, Nitassinan, et la rencontre avec Champlain telle qu'on la rejouait en 1923. Chaque partie expose en tête sa règle de sélection et la façon dont le dépôt sert ses images.

Partie 1

Lewiston et Auburn, à la Franco-American Collection

Les photographies de la Franco-American Collection de l'University of Southern Maine montrent le monde que la presse de langue française décrivait : le journal et ses ateliers, la paroisse, les commerces, les fanfares, les familles. Elles viennent des papiers que des familles et des journalistes de Lewiston ont confiés au dépôt, et les notices recopient souvent ce qui est écrit au dos des tirages.

La règle de sélection : une photographie entre si elle documente la vie de langue française à Lewiston et Auburn, ou si elle porte, au recto ou au verso, la langue elle-même. La seconde moitié fait entrer les cartes postales en français et les vues de Paris qu'un soldat de Lewiston légende en anglais en 1945. Sur quelque trois cents photographies au dépôt, 82 sont retenues.

Le dépôt publie pour chaque pièce un aperçu de 400 pixels, que ce site affiche en l'appelant chez lui. L'image en pleine définition s'ouvre chez le dépôt, après une vérification automatique du navigateur.

Franco-American Collection, University of Southern Maine Libraries

moissonnées le 2026-10-01

Digital Commons ↗

Le journal

Le personnel du Messager devant ses ateliers successifs, ses presses, et Jean-Baptiste Couture, typographe venu du Québec vers 1883, qui posséda le journal plus de cinquante ans et fonda aussi la station de radio bilingue WCOU. La dernière image montre l'immeuble du Lewiston Journal, le quotidien de langue anglaise de la même ville.

La paroisse

La première église Saint-Pierre qu'on démolit en 1905, une première communion à l'école Saint-Pierre en 1951, et les mariages que Victor Labrecque photographie entre 1947 et 1961 à Sainte-Marie et à Saints-Pierre-et-Paul. Les notices donnent les deux noms de chaque couple, ce qui fait de la série un petit registre des familles de la paroisse.

La musique

Fanfares de société, chorales paroissiales, la troupe de l'Orphéon et les musiciens de la radio WCOU. Les notices de cette série, rédigées pour une exposition du dépôt, sont plus longues que les autres et citent les témoins.

Le travail et le commerce

Les blocs des filatures, puis ce que la ville franco-américaine a bâti autour : grands magasins, marché, boulangerie, restaurants, et la signature du premier contrat syndical du textile à Lewiston.

Les familles

Deux familles, les Bisson de Lewiston et d'Auburn et les Couture du Messager. Au dos d'une photo-carte, Evelyn Couture écrit à une amie « Mercie pour ta belle carte de noël » et « Commen est tout la famille? », puis termine en anglais.

La vie publique

Louis-Philippe Gagné, journaliste au Messager devenu maire de Lewiston en 1947, et Madeleine Giguère (1925-2004), diplômée de Lewiston High School en 1943, sociologue, qui fit entrer les études franco-américaines à l'University of Southern Maine et dirigea la collection d'où viennent ces images.

Paris, 1945

Wilfrid S. Mailhot Jr., né à Lewiston, mobilisé en 1943, à Paris en 1945 sous l'uniforme américain. Plusieurs tirages montrent le 11th Base Post Office de l'armée et son mess. Au dos, ses légendes sont en anglais et écrivent « Effel tower » et « Effle tower ».

Cartes postales

Des cartes adressées à Charlotte Michaud (1898-1989), journaliste à Lewiston et correspondante de La Presse de Montréal, et à Louis-Philippe Gagné. L'une vient de La Nouvelle-Orléans, une autre du poète franco-américain Rosaire Dion-Lévesque, en français et en anglais. En 1972, un correspondant espère qu'ils pourront se voir pour parler français.

Partie 2

Les nations du Saint-Laurent, à BAnQ

Ces photographies viennent de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Elles montrent les nations que les dossiers du site nomment sous les noms coloniaux : Kahnawà:ke, Wendake, les Innus de Nitassinan, et la manière dont on rejouait en 1923 la rencontre avec Champlain.

La règle de sélection : une photographie entre si elle montre l'une de ces nations, dans un lieu que le corpus nomme ou traverse. Les titres et descriptions du catalogue sont affichés tels qu'il les donne, « Caughnawaga », « Indian Reservation », « montagnais » compris ; le nom que la communauté se donne figure dans le lieu et dans le chapeau de chaque thème. Les photographies qui montrent les ossements de l'ossuaire wendat de Penetanguishene sont écartées.

BAnQ sert ses photographies en IIIF : l'image se demande chez lui, à la taille de l'écran, et ce site n'en garde aucune copie. Comme ses pages passent par une vérification anti-robots, les notices ont été relevées à la main, une à une, et toutes sont marquées « Domaine public au Canada ».

Bibliothèque et Archives nationales du Québec

relevées le 2026-10-01

BAnQ numérique ↗

Kahnawà:ke, 1902-1948

La communauté kanien'kehá:ka de Kahnawà:ke, sur la rive sud du Saint-Laurent en face de Lachine. Le curé J.-G. Forbes vers 1902 et l'église Saint-François-Xavier en 1909 ; le chantier du pont Mercier en 1932-1933, puis le pont achevé, vu en 1948 ; la série que le photographe montréalais Conrad Poirier y prend en août 1937, la rue principale, la messe, une danse, le chef « Poking Fire » ; la croix sur la tombe de Kateri Tekakwitha en 1947. Les titres de Poirier, en anglais, disent « Caughnawaga » et « Indian Reservation » ; deux descriptions du catalogue écrivent déjà Kahnawake.

Wendake

Le village wendat de Wendake, au nord de Québec, que le catalogue appelle aussi Lorette. Un portrait de groupe, « Les chefs Hurons de Lorette », vers 1880, conservé dans le fonds du studio Livernois ; la chute de la rivière Saint-Charles, Kabir Kouba, avec le moulin Reid, vers 1880 et vers 1900 ; la chapelle vers 1925. Le portrait a souffert : une tache sombre couvre un visage, au centre.

La rencontre rejouée

Le 3 août 1923, dans la baie de Penetanguishene, sur la baie Georgienne, on rejoue l'arrivée de Champlain et du récollet Joseph Le Caron en pays wendat, en 1615 : des « hurons » se jettent à l'eau au-devant du canot, Champlain baise la terre, Le Caron fait agenouiller les « amérindiens » pour la prière, et les chefs hurons et iroquois se réconcilient. Les photographies sont dans la collection Julienne Sioui, avec le portrait du chef huron Wallio Simon. Une reproduction de gravure, vers 1900, figure de la même façon Cartier à Hochelaga en 1535. Le dossier IV lit cette rencontre dans le récit de Cartier ; la gravure la montre telle qu'on se la représentait vers 1900.

Nitassinan

Le territoire innu de la Côte-Nord, que les notices disent encore « montagnais ». Vers 1920, près de l'église du Sacré-Cœur à Uashat, à Sept-Îles, trois générations de la famille Dominique, que la notice nomme de gauche à droite ; à Moisie, des portraits du fonds Joseph-Émile Chabot. En 1941 et 1943, deux photographies légendées d'après les propos de Paul Provencher : Philomène André au lac Sandgirt, et William Vollant et Joseph Benoît, de Bersimis, aujourd'hui Pessamit, qui lisent « des nouvelles montagnaises laissées dans un camp de chasse ». Le dossier III tient, à l'autre bout du siècle, les Bâtons à message de Joséphine Bacon.