SILLAGE

Résultats

Ce que le corpus a donné

Cinq résultats, tirés de neuf transcriptions faites sur fac-similé. Chacun porte la mesure ou la pièce qui l'établit, la manière dont on l'a obtenue, et ce qu'il ne permet pas de conclure.

La dernière rubrique n'est pas une précaution. Deux de ces résultats reposent sur une seule pièce, et un troisième corrige une erreur publiée sur ce site.

01

344

ans

Un nom commun iroquoien traverse trois siècles et demi

Le mot « Canada », imprimé en 1545 comme nom de royaume dans un lexique dressé par des Français, sert encore de vedette à un catalogue de bibliothèque publique américaine en 1889.

Ce qu'on lit

La forme est balisée aux deux bouts du dossier IV. Chez Cartier, elle figure dans le titre qui ouvre le lexique, immédiatement suivi de « aultrement appellee par nous la nouuelle France » : le mot est enregistré et le pays rebaptisé dans la même phrase. Chez le bibliothécaire de Detroit, trois siècles et demi plus tard, il classe des livres. Rien d'autre ne relie les deux documents : ni l'auteur, ni le genre, ni le pays d'impression.

Comment

Relevé automatique sur les transcriptions versées à l'édition de référence. Une forme compte si elle est attestée dans deux documents au moins d'un même dossier et si l'écart atteint cinquante ans. Le calcul est servi tel quel par /api/remanences.

Ce que cela ne prouve pas

C'est la seule forme balisée du corpus qui franchisse le seuil. Les cinq autres que le relevé rend sont des mots courants, debout, grand, monde, Soleil, secrétaire, et ils ne prouvent qu'une chose, qu'on écrit du français des deux côtés. Le relevé porte par ailleurs sur neuf transcriptions seulement. La mesure changera à mesure qu'on en versera d'autres, et rien ne garantit qu'elle tiendra.

02

5

variantes retenues

Le mot innu ne passe pas la presse intact

Entre le manuscrit de la Relation de 1634 et l'imprimé parisien de l'année suivante, le texte français est à peine retouché, et les mots innus, eux, changent de graphie et de traitement typographique.

Ce qu'on lit

Le chant que le manuscrit écrit « Kaie nir Khigatoatoarint » se compose « Kaie, nir, khigatoutaouim ». Le nom innu de la voie lactée, « Tchipai meskenau », est mis en italique par l'imprimeur là où le copiste l'écrit de la même plume que le reste. Les trois autres écarts portent sur le français et ne changent pas le sens : « sont retournés » devient « sont reuenuës », « tant de ce que ie t'ay dit » devient « tout ce », « en cela dit il » devient « En cela, dit-il, ». La presse laisse donc le français tranquille et met l'innu à distance, par la graphie et par le caractère.

Comment

Collation mot à mot des deux états, bornée au passage que les deux feuillets ont en commun. Les équivalences d'époque, u et v, i et j, & pour et, accent circonflexe pour s amuï, sont classées comme graphies et non comme variantes, faute de quoi elles noieraient le relevé.

Ce que cela ne prouve pas

La correspondance des feuillets a d'abord été fausse ici. La consigne mettait en regard le manuscrit f. 22 et l'imprimé p. 22, qui traitent de deux sujets sans rapport ; la concordance de Thwaites donne pp. 63 et 64. Sur l'ancien appariement, le relevé signalait 226 mots de manuscrit comme retranchés par l'imprimeur, ce qui enterrait les trois vraies variantes. Elles ne sont ressorties qu'une fois les feuillets remis en face l'un de l'autre.

La collationVérifié le 2026-09-23

03

0

page sur 46 039

Le Michigan est bien numérisé et n'a pas une page de français

L'absence du français de Détroit dans les bases nationales n'enregistre pas la disparition d'une langue, elle enregistre une décision de programme prise dans les années 2000.

Ce qu'on lit

Chronicling America sert 46 039 pages de journaux pour le Michigan, dont aucune en français, et 56 247 pour le Missouri, dont aucune en français. La Louisiane, sur la même base, en compte plus de vingt mille. Le programme ne numérise pas lui-même : il finance un partenaire par État, qui choisit les titres. Le français de Détroit se retrouve donc chez Internet Archive, qui n'a pas de logique d'État, et sur la rive canadienne, à un kilomètre.

Comment

Facettes language:french et location_state de l'API de loc.gov, relevées à la main. La valeur de facette prend un espace et non un tiret bas : new_hampshire rend zéro en silence, alors que le New Hampshire a bien des pages, et le Rhode Island 749.

Ce que cela ne prouve pas

Le chiffre date du 23 septembre 2026 et se périmera : un versement le comblerait sans que personne soit prévenu. Il dit ce qu'une base contient à une date, non ce qui a été imprimé au Michigan.

Les lacunes documentéesVérifié le 2026-09-23

04

1

notice sur tout un catalogue

L'arpent de Paris survit à l'intérieur du cadastre américain

Un arpenteur américain de 1796 ne peut pas relever les fermes de la rivière Détroit sans mesurer en français, et sa feuille porte pour cette raison deux systèmes de mesure à la fois.

Ce qu'on lit

La note centrale du plan de Patrick McNiff annonce une échelle de « ten arpents or French acres to one inch, Royal Measure of Paris », au motif que « the farms within that space having originally been laid out by French Measure », puis passe à la chaîne de Gunter pour le reste de la feuille. Quatorze ans plus tard, le plan d'Aaron Greeley range les mêmes lots sous le nom de « private claims » numérotés, c'est-à-dire d'exceptions à l'arpentage fédéral en sections carrées. La forme en lanière a survécu au régime qui l'avait tracée, et elle est encore lisible dans le parcellaire de Detroit.

Comment

Catalogue en ligne de la Detroit Historical Society, interrogé le 23 septembre 2026. « french » rend 313 notices ; « arpent » en rend une seule, celle de McNiff. Ce plan est donc la porte d'entrée de tout le fonds sur la question.

Ce que cela ne prouve pas

Ce compte porte sur la façon dont une société de musée décrit ses pièces, et non sur le nombre de lots qui ont réellement été arpentés en arpents. Cette société est un musée, ses notices sont en anglais, et elle ne sert pas d'images en IIIF : ces deux plans se consultent et se citent, ils ne se transcrivent pas dans l'atelier. Enfin, la continuité de la lanière au parcellaire d'aujourd'hui est montrée ici sur deux cartes, et il faudrait la série complète des plans fédéraux pour l'établir.

Les collections des Grands LacsVérifié le 2026-09-23

05

1798

une lettre en français

Le français du Missouri n'est pas seulement une langue parlée

Ce site a longtemps écrit que la vallée du Missouri ne laissait que du son, faute d'imprimerie sur place. La formule était fausse d'un mot : il n'y a pas d'imprimé, il y a du manuscrit.

Ce qu'on lit

La State Historical Society of Missouri sert en IIIF une lettre écrite en français en 1798, au sujet de personnes réduites en esclavage, conservée dans les papiers du comté de Cape Girardeau et rangée parmi les documents d'esclavage. Sa notice la signale de deux mots, « in French », et c'est tout ce qui la distingue des pièces anglaises du même dossier. Le dépôt sert par ailleurs une carte de 1728 dont le titre anglais désigne le pays par son nom français, « Florida called by ye French Louisiana ».

Comment

API CONTENTdm de digital.shsmo.org, sans clé, interrogée collection par collection le 23 septembre 2026. À côté de cette trouvaille, un écart : la société conserve plus de 4 800 entretiens d'histoire orale et mène une campagne financée sur le German Heritage Corridor, sans équivalent pour le français, alors que le paw-paw French s'est parlé à Old Mines jusque dans les années 1980.

Ce que cela ne prouve pas

Une lettre ne fait pas un corpus, et la vallée reste sans presse française. Quinze entretiens répondent à une recherche sur Old Mines, et aucun n'est en français : ce sont des entretiens ozarkiens et politiques où le lieu est mentionné en passant.